Yakuza

Yakuza
Ils se tatouent, ils amputent leurs doigts, ce sont les yakuza. Avec plus de 90000 membres, l'organisation criminelle, le mieux structurée du monde est depuis peu, mise sous haute surveillance. A cause de leurs nouvelles activités, ils se sont reconvertis dans la drogue, la prostitution, etc... (Selon les rumeurs du gouvernement Japonais).
Alors la mafia japonaise est entrée dans la clandestinité, les derniers yakuza se retranchent derrière le paravent de leurs grands principes.

# Posté le lundi 13 juin 2005 16:07

ordre/hierarchie

ordre/hierarchie
L'expression « jingi » a plusieurs interprétations possibles au japon : le sens fort du second idéogramme que l'on prononce « gi » indique la fidélité au groupe, au chef, au parrain. Il exprime l'idée de notre loyauté envers lui. « jin » le 1er caractère a également plusieurs sens selon les gens et les situations. Il indique une situation favorable mais aussi un regroupement de personnes, pour nous, c'est le groupe. Jingi, c'est donc la fidélité au groupe.

Les bushi, les guerriers, les samurai, ce sont avant tout des hommes qui se sacrifient pour leur famille, c'est là leur grande fièreté. Ils ne commettent jamais d'injustice. Nous les yakuza, nous avons la fièreté de nous sacrifier entièrement à notre parrain. Si par exemple notre parrain nous dit que blanc c'est noir, même si nous savons pertinemment que c'est blanc, nous dirons toujours avec lui que c'est noir.
On bombe le torse, on doit être volontaire, mettre notre corps en avant. C'est cette fièreté, cette fidèlité qui nous anîment. C'est en tous cas, l'esprit qui règnent chez les supérieurs du groupe. On est tout à fait conscient de ces idées et on agit en fonction de cela.
Pour les jeunes yakuza ce n'est pas pareil ; en général, ils n'ont pas encore compris cet état d'esprit, ils se contentent d'obéir et d'observer leurs aînés.

# Posté le lundi 13 juin 2005 16:15

police/yakuza

police/yakuza
Avant tout, pour les Japonais , les yakuza sont des individus redoutables, ce sont des gens qui gagnent leur vie en terrorisant les autres. Ils sont surtout très forts pour persuader les gens qu'ils sont dangereux.
Historiquement, la police et le pouvoir ont habilement profité de la clandestinité des yakuza. Comme les yakuza agissent dans la marge, on les a utilisé pour accomplir les basses besognes, le sale boulot que la police ne pouvait pas faire officiellement.



Les rapports entre police et yakuza ont toujours été ambigus. Utilisés par la police contre les mafias chinoises et coréennes, après la deuxième guerre mondiale; enrôlés comme briseurs de grève entre 1950 et 1960, les yakuza avaient acquis leur droit de citer. Il aura fallut attendre 1992, pour qu'une loi anti-gang ne leur permette plus d'avoir pignon sur rue.
A défaut d'interdire l'existence et la constitution de clans, la loi anti-gang permet aujourd'hui de passer leur activité au crible.
Les perquisitions se multiplient depuis 1992 au siège des principaux groupes.


Auparavant les yakuza avaient leur siège dans les quartiers des grandes villes, à Tokyo, à Osaka. Ils s'affichaient ouvertement comme « bureaux de yakuza ». Ils mettaient leurs enseignent à l'entrée des bureaux ; soit leur cigle, leur blason ou tout simplement leur nom.
Avec la loi anti-gang, pour l'ensemble du japon, on a enregistré comme organisations mafieuses les célèbres Yamaguchi-gumi, Inakawa-kai et Sumiyoshi, etc... au total 22 organisations pour le moment (1994).
Dans l'état actuel des choses, en imaginant un total de 100 groupes, plus de 80 tombent sous l'application de la loi anti-gang.

# Posté le lundi 13 juin 2005 16:18

image des yakuza

image des yakuza
L'image des yakuza était véhiculée autrefois à travers ce qu'on appelle les « kôdan ». Des récits dramatiques de faits historiques racontés par des conteurs ou bien c'était les « naniwa-bushi » des histoires mélodramatiques et monocordes accompagnées de musique. Cela plaisait beaucoup au peuple et aux yakuza eux-mêmes d'ailleurs. C'est sans doute parce que les japonais sont fondamentalement attachés à la relation de parents à enfants, d' « oyabun » à « kobun ».
Autrefois, les yakuza restaient cantonnés dans le domaine des jeux ; c'était leur activité principale. Les joueurs, les amateurs étaient en fait leurs clients, donc la majorité de leurs revenus provenait des salles de jeux ouvertes au public. Mais aujourd'hui ce n'est plus le cas. Les yakuza exercent leur activité dans l'économie, dans la politique. Ils s'occupent aussi du trafic de drogue ; leur image s'est bien dégradée.

La spécificité culturelle que représente les yakuza et ses contradictions sont difficilement perceptibles par les japonais, sans doute parce qu'ils baignent dans cette même culture. En règle générale, les japonais ont toujours beaucoup de difficultés à appréhender ce qui touche à leur propre civilisation et davantage encore à en saisir les contradictions. Je pense que mon rôle est d'intervenir comme une sorte de miroir ; je renvois aux gens l'image de problèmes dont ils n'ont pas conscience.

Je crois que tout le monde redoute les yakuza. Personne ne veut avoir à faire à eux. Mais la liberté d'expression existe. Quand nous créons quelque chose, nous devons absolument préserver cette liberté. Il faut nous imposer, nous n'avons pas le choix. Et cela même si nous en avons des souvenirs douloureux. Il faut se dire que ce qui s'est passé est de l'histoire ancienne. Personnellement je suis très heureuse que ce film ait pu être fait. Il y a aura peut-être un numéro 2 puis un numéro 3... et à ce moment là il faudra de nouveau faire face.

En s'attaquant aux activités des yakuza, au racket, à la terreur, Itami Jyûzo (cinéaste Japonais, sur la photo ci-contre) dénonce également l'extrême-droite essentiellement financée par la mafia. Mais jusqu'à présent la loi anti-gang n'a pas bloqué les convois blindés et vociférants qui parcourent toujours les grandes villes japonaises.

# Posté le lundi 13 juin 2005 16:22

defilés

defilés
Le Japon aux deux masques. Etrange concensus ou les gens les plus honnêtes peuvent parfois côtoyer des malfaiteurs.
Les yakuza participent activement aux fêtes shintô qui marquent le début des saisons. Les marchands ambulants et les forains sont sous leur contrôle, mais cette fois, il n'est plus question de violence.
Les « matsuri » rassemblent dans le même esprit, le cadre, l'étudiant, l'employé et le yakuza. Mais depuis peu, les tatouages s'y font de plus en plus discrets.

# Posté le lundi 13 juin 2005 16:48